what makes my clothes ? LA LINGERIE NON TOXIQUE ?

Grâce à Fashion Revolution France, j'ai eu l'opportunité de discuter avec Linda Mai Phung qui m'a intérrogé dans le cadre de leur campagne #whatmakesmyclothes ? Nous avons parlé de de lingerie durable, non toxique et inclusive ...dont voici l'interview sur insta


Petit topo de mon experience ...


Je suis styliste de mode de métier, spécialisée en lingerie, j'ai le textile en héritage, puisque je descends d’une famille qui était tisserands et a fait la route de la soie. Mes grands parents avaient un magasin de vêtements et faisaient de la confection sur mesure. J’ai un parcours pluriel, multiculturel et multi sensoriel car j'ai vécu en Afrique, en Italie, aux USA et en Asie du Sud-Est. J'ai travaillé au sein d'usines: fabricant italien de maille haut de gamme, fabricants pour des marques de lingerie internationales...Depuis 7 ans, je developpe l'expérience de l'entrepreneuriat à travers le lancement de ma propre marque de lingerie éco conçue et de Entada Textile, le bureau de conseil dédié au sourcing et au design lingerie et maillot de bain. Ma dernière casquette est celle de cultural broker, je traduis les recherches tendances et marché pour des médias ou des salons pour qui je crée du contenu digital sous forme d’articles ou de webinars.


Toutes ces expériences m’ont menées vers mon métier préféré: crééer du lien et connecter les idées à travers la recherche d'innovations matières premières, l'approche systémique du sourcing et du developpment produit... pour l’accompagnement des créateurs et des marques.


Voir la vidéo sur #instatalk #fashionrevolutionfrance



1/ Premier sujet : quelles sont les caractéristiques de la lingerie non toxique?


Il n’y a qu’une seule caractéristique, qui est la qualité !

De la matière première, des armatures et des élastiques, de la conception, du packaging…


Dans l'origine de la matière, il y a la qualité des conditions de tissage de cette matière, de teintures, du stockage.. En privilligiant une matière certifiée et de bonne qualité, on limite la présence de perturbateurs endocriniens qui peuvent indirectements être liés à des problèmes de santé... Sujet hautement important et délicat car il n’y a pas de lien direct scientifiquement prouvé entre telle ou telle matière et une maladie, c'est donc au titre de précaution que je parle de ces substances toxiques.


Pour les matières voici mes recommandations :

  • Les matières naturelles certifiées biologique (GOTS) et Oekotex 100 (label vérifie la toxicité des produits dans les teintures) Coton, soie, lin | soie…

  • Les dentelles et tulles souples pour éviter les frottement et irritations; synthétiques recyclés et labellisés Oeko Tex et GRS (principal label recyclé), les dentelles de coton sont très rares et peu élastiques.

  • Les cellulosiques: Lyocell ™, Tencel™, viscose, Cupro ™ … qui sont issus de forêts gérées et régénérées si elles sont labelisées FSC. Petit bémol sur le bambou qui dans son élaboration demande beaucoup d’eau et de produit chimique pour être transformé.

  • Maille bio-sourcées maillot de bain (origine organique au sens français du terme) avec une intervention en laboratoire pour la transformer. Biodégradable de façon industrielle ou ménagère selon le produit …

⚠️ IL N’Y PAS PAS : DE MATIÈRE DURABLE PARFAITE NI DE PRODUIT ECORESPONSABLE PARFAIT !


2/Peux tu nous montrer des exemples?


Dans ma contribution pour le magazine The Good Goods, je rédige une série d'articles dédiées aux marques de lingerie : Les Cool Girls vous y retrouverez des exemples de marques...

Simplement lingerie, elementaire paris, Néné Paris, Peau ethique, Olly Lingerie, jolies mômes ...


©Simplement lingerie


Les grandes marques s’y mettent aussi Princess Tam Tam dont 63 % des collections et 100 % collection lingerie est certifiée OEKOTEX. La marque Tex de Carrefour propose aussi des produits Oekotex, Etam a lancé un programme dedié au circulaire...


C’est difficile pour le consommateur de s’y retrouver, je conseille de lire les étiquettes, d’utiliser les applications sur la transparence dy type VIJI ou Clear Fashion, de ne pas négliger la qualité de vos investissements, de systématiquement laver vos nouveaux achats avec une lessive neutre et non agressive.


3/Pourquoi parle t'on de textile non toxique alors qu'en tant que néophyte, on aurait tendance à penser que dans sa conception, un sous-vêtement non toxique pour la santé devrait être une évidence ?


Tout est cyclique, c'était une évidence dans l’histoire où de facto les matières naturelles étaient privilégiées. Puis après la seconde guerre mondiale, on relance l'économie, il y a la création du fils Nylon™, Lycra ™ (Elasthanne) par Dupont Nemours™, qui sont des innovations matières dites "pétrochimique", mais qui à l'époque représentaient un accès à la démocratistion du textile facile et grand public. Ensuite, les business modèles de la mode privilégiaient une logique de croissance par le volume pour écraser les prix. Couplé au fait que la demande sur le marché du durable n'était pas si forte et les disponibilités de matière première eco-conçues et labélissées pas aussi performantes. Enfin, on observe l'évolution de la valeur transparence qui aide le consommateur à rompre la mauvaise habitude "du toujours plus et moins cher" et qui passe par les achats conscients et la désintermédiation du savoir jusque là réservé aux marques.


4/Concrètement, y a t'il eu des cas de textiles qui ont été nuisibles pour la peau et la santé des consommateurs?


Je ne suis pas une scientifique et je ne suis pas habilitée à trancher sur ce sujet. On sait qu’il faut éviter les substances nocives car les études scientifiques ont, par exemple observé un lien entre les perturbateurs endocriniens et une baisse de la fertilité. On voit aussi les conséquences des catastrophes industrielles sur la nature lorsque des substances chimiques sont renversées. Je me souviens du cas de pollution industrielle de l'usine Formosa au Vietnam, qui en 2016 a pollué les rivières avec une substance toxique, laissant une nature très abîmée et des pêcheurs et agriculteurs au chômage pendant des mois car la zone était interdite et les poissons morts. On peut alors se poser la question: que serait-il arrivé si cette substance polluante avait touché directement la peau ? C’est un exemple, il y a aussi en Asie des usines très performantes sur le plan de l’environnement. Le risque 0 n’existe pas, il faut être vigilant et avoir conscience qu’un sous vêtement à 2 euros, n’est pas de bonne qualité. Heureusement, la plupart de ces produits toxiques sont interdits en Europe, la norme REACH, Oekotex 100 et l’Iso TC 38 sont des standards et des labels qui veillent à la non utilisation, ou importation de ces produits ou produits finis contenant ces substances sur le sol européen.


5/ : Peux-tu nous donner ta définition du body positive dans la mode? Comment le body positivisme s'exprime dans la lingerie eco-responsable, peux tu nous montrer d'exemple?


Tout comme pour le développement durable et pour que ça ne soit pas seulement un concept marketing, de mon point de vue, l’approche systémique inclusive est clée dans le mouvement body positive. Cela inclut l’accompagnement des morphologies différentes, des types de couleurs de peau différentes, des moments de vie ( adolescence | cycle menstruel | silver génération) à la fois dans le produit, la conception technique et la vente. Car le soutien gorge est un produit qui a peu é